II / Les anomalies concernant le poids
Tout d'abord nous allons commencer par définir le terme d'obésité et de certaines maladies que nous allons traiter comme l'anorexie et la boulimie.
L'obésité et une maladie complexe et, en partie d'origine génétique. Elle est caractérisée par un excès de graisse corporelle qui découle d'un déséquilibre entre la prise de calories alimentaires et leur utilisation.
1) Les causes
Il existe plusieurs explications à ce problème.
Actuellement, l'obésité s'explique à 30 % par la génétique et à 70 % par l'environnement.
En effet, de nos jours l'obésité est souvent dût à une sédentarité ou à une alimentation malsaine, tout est fait pour que l'Homme limite ses déplacements. Ainsi, il ne lui est plus vraiment nécessaire de sortir faire des courses pour le dîner car il peut se faire livrer à domicile. De plus on préfère utiliser la voiture pour de petit trajet que l'on aurait pu faire à pied... On supprime également les dernières petites occasions de faire quotidiennement de l'exercice en montant et descendant les escaliers.
Tout décalage sensible entre besoins alimentaires réels et richesse énergétique de l'alimentation conduit à la prise de poids. Cette cause est particulièrement récurrente dans les milieux défavorisés. En effet les personnes ayant une situation précaire ne peuvent se permettre de suivre un programme diététique adapté à leur revenus. De plus compte tenu de leur situation elles ne s'adonnent pas à de nombreux loisirs, ce qui entraîne une plus grande sédentarité.
Ensuite viennent les causes d'ordres psychologiques tel que l'anorexie qui est un syndrome qui peut toucher tout le monde mais qui se trouve en particulier chez le nourrisson et la jeune femme. Elle se caractérise par le refus de s'alimenter.
Cette " maladie " est souvent liée à une autre maladie, la boulimie. Il s'agit aussi d'un trouble psychologique qui lui contrairement à l'anorexie augmente considérablement l'appétit. La personne mange énormément sans s'arrêter ce qui fait qu'elle ne s'aperçoit pas qu'elle n'a plus faim alors que le point de satiété a été dépassé depuis longtemps.
Certains facteurs psychologiques sont parfois susceptibles de favoriser l'obésité. Cela peut aller du choc émotionnel à une situation sociale précaire en passant par l'ennui, le délaissement, comme cela peut parfois être le cas pour certains enfants.
On rencontre aussi plusieurs cas d'obésité au sein d'une même famille. On remarque qu'un enfant ayant des parents obèses a plus de chances de devenir obèse qu'un enfant n'ayant qu'un seul de ses parents obèses (80 % contre 40 %). De même un enfant ayant des parents minces aura une chance minime de devenir obèse ( environ 10 %) mais non négligeable.
Toutefois, les causes précédentes ne sont pas les seules responsables. Désormais la génétique joue un rôle prépondérant dans la compréhension des processus intimes et physiologiques de la prise de poids. Les études scientifiques confirment que certains gènes seraient impliqués dans les mécanismes de surpoids ; leur localisations ont été identifié, on sait sur quels chromosomes ils se situent (chromosomes 2,5,10,11 et 20). Les gènes en cause dans l'aggravation de l'obésité sont identifiés et sont la source des recherches pharmaceutiques.
Ainsi nous pouvons parler du gène ob qui code pour une protéine, la leptine. Cette protéine sert de signal au cerveau en lui indiquant les dimensions des réserves de tissu adipeux. Plus simplement, lorsque le stock de graisses de l'organisme dépasse un certain seuil, le taux de leptine augmente dans le sang, ce qui agit comme un signal sur le cerveau diminuant ainsi les besoins en nourriture. Après des études, les sujets obèses auraient en fait une résistance à l'action de la leptine.
Mais différentes hormones sont également en causes, comme le neuropeptide Y ou NPY. Cette hormone semble avoir une action opposée à celle de la leptine.
La mélancortine sont des hormones qui stimulent la synthèse de mélanine dans les cellules de la peau. Mais dans le cerveau, la MSH remplit aussi une fonction de nature différente. Elle est sécrétée par l'hypothalamus sous l'effet de la leptine et l'un des récepteurs cérébraux qu'elle active, le MC4, inhibe alors la prise alimentaire.
On a découvert récemment qu'un nouveau peptide, l'Agrp serait impliquée dans la résistance à la leptine. De plus on a appris que le dysfonctionnement de MC4 entraînerait l'obésité dès la petite enfance.
Le nombre de gènes impliqués dans l'obésité augmente de minute en minute. Et là où on parlait d'une vingtaine de gènes impliqués, on considère actuellement que le nombre de deux cent serait plus réaliste.
2) Les conséquences
Les conséquences de ces anomalies peuvent être assez grave. En effet, elles touchent la santé et comprennent un risque accru de mort prématurées. Parmi les maladies possibles nous avons les maladies cardiovasculaires, l'hypertension, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète non insulinodépendant ou de type II, l'apnée du sommeil, l'arthrose, l'infertilité et bien d'autres encore.
Le problème numéro un est sans contestation le diabète de type II. En effet, un tiers des obèses sont diabétiques, mais surtout 80 % des diabétiques sont obèses. Un dixième de la population mondiale pourrait être diabétique d'ici 10 ans et l'épidémie d'obésité n'y est pas étrangère, elle en est au contraire l'un des principaux facteur de risque.
L'obésité est également une source de difficultés sur le plan socio-professionnel. Certaines personnes obèses peuvent être victimes de discrimination à des niveaux très différents tels que l'accès à l'enseignement supérieur, l'accès à l'emploi, les promotions professionnelles, la vie domestique, et bien d'autres encore.
3) Les traitements
Actuellement, il existe très peu de traitements. Les recherches sont en cours pour trouver des remèdes efficaces et toutes les causes à ce problème de poids.
Néanmoins, il existe sur le marché quelques produits pharmaceutique commercialisés qui peuvent aider à régler ce problème.
Tout d'abord, pendant un certain était vendu sur ordonnance de l'isoméride qui avait pour particularité de faire survenir le point de satiété plus tôt. Le problème avec ce traitement c'est qu'il agissait sur le cerveau comme un neuro médiateur. Il jouait alors un rôle sur l'appétit mais aussi sur le sommeil, l'humeur, la perception de la douleur. Modifier la concentration de neuromédiateur comme la sérotonine risquait alors de perturber certaines fonctions naturelles de l'organisme ce qui provoqua son retrait de la vente.
Maintenant, il existe un médicament vendu lui aussi sur ordonnance qui réduit l'absorption intestinale des graisses, il s'agit du Xenical. Il bloque l'action des lipases et empêche la transformation d'environ 30 % des lipides ingérés. Ces derniers seront alors directement excrétés, sans être stockés. Avec la prise de ce produit on constate en moyenne une perte de 10 % du poids initial après un an. L'avantage de ce produit, c'est qu'il ne présente pas d'effets secondaires indésirables.
Plus près du but nous avons la leptine, une hormone sécrétée par les adipocytes. Chez les rongeurs cette hormone sait tout faire ou presque. Elle favorise la dissipation de chaleur, réduit l'appétit et stimule la production de neuromédiateurs. Des recherches sont menés à propos de cette hormone. Si la leptine montre les mêmes effets chez l'homme, elle est alors promise à un bel avenir.
La recherche s'oriente donc vers trois types de molécules, les inhibiteurs d'absorption de graisses, les coupes-faim et les thermogènes. Toutefois il reste encore beaucoup de travail avant de trouver un traitement efficace pour toutes les obésités.
D'un point de vue social, il reste encore à réduire les discriminations sur les obèses. Surtout quand on sait que l'obésité va en s'accentuant dans les pays développés et touche de plus en plus de personnes de tous les âges.
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